Le roman de cette rentrée littéraire

Je suis tombée dessus, par hasard, en ce moment je lis peu la presse littéraire, je me contente de faire mes choix à l’instinct. Force est de constater qu’avec Stoner de John Williams, traduit par Anna Gavalda, la pêche fut bonne, si je puis dire.

Il faut savoir que j’affectionne beaucoup la maison d’édition qui publie cet ouvrage, en effet le dilettante me déçoit rarement quant à ses choix de publication.

Stoner un roman de John Williams

Stoner est un roman un peu tombé dans l’oubli, un grand oublié de la littérature américaine, que Anna Gavalda a décidé de traduire pour le plus grand bonheur des lecteurs francophones.

Publié en 1965, Stoner raconte l’histoire d’un jeune fils de fermiers envoyé par ses parents à l’université pour y étudier l’agronomie afin de mieux gérer la ferme familiale, et qui tombe amoureux de la littérature, au point de vouloir en faire son métier.

L’histoire d’un sombre professeur qui ne brillera jamais, qui ratera son existence, qui décevra les siens, et qui laissera passer l’amour … une vie faite de ce désespoir à peine perceptible mais bien présent ; une vie banale à pleurer, mais d’une force éblouissante.

photography by Deb Scudder

J’ai terminé la lecture de ce livre en deux jours, allant jusqu’à me priver de sommeil pour en connaître le dénouement … pour mon plus grand bonheur et ma plus grande tristesse à la fois.

Ce roman nous conte l’histoire d’un banal professeur, quasi invisible aux yeux de certains, qui toute sa vie accepta le sort qui semblait s’acharner contre lui.

Il est des douleurs indicibles.

Il est des existences inénarrables.

Il est des vies qui ne s’accomplissent qu’une fois le denier souffle expiré.

Il est des romans dont on ne sort pas indemne : c’est bien le cas ici.

J’adresse un immense remerciement à ceux qui ont fait que Stoner de John Williams ne tombe pas dans l’oubli.

Laurent Martinet publie sur le site de l’Express cette critique très juste : « C’est un livre à l’amertume intense, économe de ses mots et d’un pessimisme implacable. C’est un diamant noir« .

Ainsi, 17 ans après sa mort, le romancier John Williams rencontre enfin le succès et son public : il était temps !

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