Une relation épistolaire entre une libraire et un voyageur

Publié en 2002 chez Albin Michel, ce roman de Katherine Pancol m’a profondément remuée. Voilà les choses sont dites d’emblée, nul besoin de tourner autour du pot ; ce court roman d’environ 150 pages je l’ai lu en une soirée, je l’ai même lu de nouveau le surlendemain, car la promptitude de ma lecture m’ avait laissé un goût de « revenez-y ».

Certes le titre au premier abord m’a semblé digne d’un roman à l’eau de rose, ce sera peut-être l’unique reproche que je ferai : Un homme à distance cela sonne creux selon moi. Mais je ne me suis pas attardée sur ce point, et l’idée de lire un roman par lettres m’interpellait, rares sont les auteurs qui se lancent dans ce genre d’exercices, ô combien difficile et facilement « casse-gueule » si je puis dire.

Cependant Katherine Pancol s’en tire très habilement, et je me suis prise au jeu, je suis entrée dans l’histoire et j’ai dévoré le livre avec avidité, avec hâte, avec l’envie de connaître le dénouement de cette liaison qui se nouait, qui se jouait sous mes yeux.

Un homme à distance de Katherine Pancol

L’héroïne se prénomme Kay, elle est libraire à Fécamp, passionnée par son métier sa librairie occupe toute sa vie ou presque et les livres sont son oxygène, sa raison de vivre ; quant au héros il s’agit de Jonathan, touriste et auteur américain qui parcourt la France en vue d’écrire un guide touristique. Lorsqu’il entre dans la boutique de Kay pour la première fois ce n’est pas elle qui le reçoit mais son employée Nathalie. Séduit par la librairie et la sélection de livres qui y est proposée, il décide de laisser une forte somme d’argent ainsi que des titres de livres à commander et à lui expédier dans les différents hôtels où il séjournera.

Au fur et à mesure de leurs échanges épistolaires, va se nouer entre Kay et Jonathan une relation tout abord amicale, puis amoureuse qui (sans déflorer le dénouement) donc aucun ne sortira indemne. Et si je puis dire, chacun de nos deux héros va y laisser des plumes.

Il est question d’amour, de livres, d’amour des livres, de solitude et de passion ; mais en fait c’est plus que cela, il est aussi question du passé que chacun trimballe dans ses valises, de l’impossibilité qu’ont certains êtres à se remettre totalement d’une histoire d’amour, car il est des amours qui vous bouleversent, qui vous marquent à jamais.

Il est question de l’amour fou, de la passion, de ce sentiment qui vous « fait péter les plombs », comme on dit communément. Et je m’interroge est-ce cela le véritable amour ? Aimer jusqu’à la déraison est-ce aimer ?

Vous l’aurez sans doute compris j’ai aimé ce livre, ce fût un délicieux voyage, une belle évasion, un moment de grâce et un hymne à la littérature … le style est certes « pancolien » sans fioriture, mais l’auteur cite des romans tout au long du sien, elle évoque Faulkner, Balzac, Maupassant, Madame de Lafayette, Erri de Luca ou encore Emily Brontë et Stefan Zweig … pour mon plus grand bonheur je l’avoue.

Je suis ressortie de ce roman avec une furieuse envie de dévorer (c’est le mot juste) les livres de Kay et Jonathan, et je sais maintenant quels seront les romans de mon été 2011.

Jamais roman ne m’aura donné autant envie de lire.

Avez-vous connu cela ? Et vous, quel est votre roman hymne à la littérature ? Si vous n’en n’avez pas encore, je vous conseille vivement Un homme à distance.

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